La bravoure du Non !

Et si l’issue de la crise africaine passait par le courage de dire «Non» ?

Un article de François Célier.
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La résistance du Président Laurent Gbagbo à l’encontre d’Alassane Ouattara, adversaire coriace, très opportunément conforté par l’appui de la Communauté Internationale, m’incite à écrire une réflexion sur l’évolution de l’Afrique post coloniale en rapport avec nos modernités politiques d’Occidentaux. D’autant que celles-ci se livrent souvent à des filouteries de républiques bananières pour infléchir leurs suffrages électoraux, avec «accommodement raisonnable» subrepticement négocié avec l’homme le plus à même d’influer sur la vision géopolitique de leur recomposition du monde.

De concert, l’UE et l’ONU inclinent toujours à peser sur le balancier des «Roitelets et Chefferies» africains traditionnels. Il en est de même dans nos démocraties européennes dans lesquelles elles magouillent allègrement les scrutins entre gauchisme ou droitisme alternatifs, avec tout autant d’empressement que dans les cénacles africains. En fait, le vieux fond commun de tout citoyen, quel qu’il soit, sait bien que c’est toujours la Loi du plus «Malin» qui prévaut et non celle d’une éthique, ou même d’un Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. A ce propos, il y aurait beaucoup à dire sur le terme de «Malin» qui surplombe les urnes et les intérêts des puissants de ce monde, pour la conquête ou la pérennité du pouvoir.

Les peuples africains s’étant frottés au vernis de notre culture politique, empirique et peaufinée, l’ayant plus ou moins assimilée (mais jamais intégrée car elle n’est pas la leur), sont traditionnellement portés au culte de la Chefferie et de Potentats ethniques, ce qui pour eux importe peu, du moment que cela s’apparente au droit coutumier et aux palabres enchantés par l’influence de sorciers et marabouts agissant en sous-mains. Autrement dit, la force des mythes ancestraux africains prédominera longtemps encore sous les vernis socioculturels et religionnaires occidentaux. D’autant que d’instinct, la démocratie occidentale leur est fortement sujette à caution.

En effet, celle-ci qui s’attribue un rôle de parangon de justice et de savoir-faire, est à leurs yeux parfaitement hypocrite, cupide et mercantile. Or, depuis la rencontre des africains avec la Bible des blancs, une intuition spirituelle (plus sensible qu’on ne le pense par delà tout gris-gris et talismans) leur fait pressentir puis observer à quel point les consciences politico-économiques des occidentaux, avec leurs outils de propagandes, gauche et droite confondues, sont très éloignés de l’éthique judéo-chrétienne qu’ils ont étudiée dans la Bible des blancs sensée brider la malignité et la voracité des électeurs, quels qu’ils soient.

Pour illustrer cette pensée, laïcité et démocratie sont deux termes passe-partout, à vocation planétaire. La laïcité fut ignorée dans la pensée judéo-chrétienne des deux premiers siècles parce que les croyants d’alors avaient la vision d’un monde qui relevait de Dieu et de l’attente d’un royaume spirituel en devenir.

La démocratie (démos, peuple et cratos, soi-même) contemporaine est le fruit d’une lente maturation philosophique, depuis Platon, Renan, Michelet, Montesquieu et quelques autres. Occultant le Créateur, les penseurs occidentaux décidèrent que la démocratie concevait l’être humain comme étant la source de tout pouvoir… Par déduction, nous fûmes bassinés depuis des siècles par ce principe d’individualisme omnipotent. Dès lors, nul besoin de Dieu, si ce n’est pour les faibles et les demeurés ! Ce qui engendra l’affirmation qu’il s’agissait, bien qu’imparfait, du meilleur système de gouvernement au monde… Cette approche métaphilosophique est en contradiction radicale avec la pensée métaphysique biblique de Moïse et de Jésus. Or, selon la Torah juive et la Bible chrétienne, le meilleur système de gestion de la cité des hommes (en attente de la Cité de Dieu) devait se fonder sur la loi morale, elle-même s’inscrivant dans une volonté divine souveraine surpassant infiniment la condition et les ambitions humaines. Cela seul devrait influencer les données du genre humain et de la cité des hommes. En vérité, le fondement des principes de libertés, de justice et de paix devaient reposer sur le socle de l’enseignement des prophètes hébreux, transcendés par l’amour de Yeshoua (le Messie) dans sa prédication du Royaume à venir.

Par sa culture ivoirienne et l’état d’esprit spirituel du Président Gbagbo, ce dernier ne peut être qu’enclin à se référer à l’ancestralité de la Chefferie, c’est-à-dire d’homme fort, détenteur légitime du pouvoir par son peuple et être en adéquation avec sa foi chrétienne. C’est sans doute les raisons profondes de sa détermination à résister à un Alassane Ouattara, d’originaire étrangère contestée, et quand bien même ce dernier serait-il plus compétent que lui ! D’autant que ses références socio-économiques sont, d’une part, celles d’être un ancien dirigeant du Fond Monétaire International, appuyé par un aréopage unanime : France, Europe, USA et ONU (dont on connaît les duplicités sous-jacentes). Et de surcroît, un Alassane Ouattara inféodé à sa foi en Mahomet, au Coran et à la Charia… Des références antinomiques à celles de la Torah et de la Bible. Pour résumer ses obédiences structurelles et spirituelles : le métier d’ancien Ministre, le FMI, le Machin onusien et la Communauté musulmane.

Vue sous cet angle métaphysique, la situation de la Côte d’Ivoire montre une analyse à contre-pieds de l’opinion politique Internationale et des médias. Cette belle unanimité affichée (d’aucun dirait contre-nature, bien que qui s’assemble se ressemble) semble suspecte. Son acharnement à vouloir démettre le Président Laurent Gbagbo au profit d’Alassane Ouattara, leur candidat raisonnable (ou arraisonné) prête à réexaminer les données. A ce qu’il semble, le Président Laurent Gbagbo obtint au premier tour de scrutin l’avantage : 38% contre Alassane Ouattara 32%... Compte tenu de certaines irrégularités inhérentes à tout scrutin, le score de Laurent Gbagbo fut reconnu par «la Cour Constitutionnelle Ivoirienne» qui le déclara vainqueur au premier tour. Pour mémoire, des irrégularités se produisent fréquemment au dépouillage des urnes, y compris en Occident, grand pourvoyeur de leçon en ce domaine.

En dépit de cette première victoire, conforme aux vœux d’une majorité d’ivoiriens, ces irrégularités permirent au chœur des opposants et aux Instances internationales de s’ingérer bruyamment dans la campagne ivoirienne afin de contester et débouter le Président Laurent Gbagbo, car sa victoire leur déplaisait vivement, notamment à la France du Quai d’Orsay pour qui une portion majeure de l’Afrique francophone risquait de n’être plus son pré carré. Un vrai camouflet pour la françafrique néo-colonialiste ! De même que pour l’ONU et l’Oumma dans leur volonté de prééminence pour ce continent tant convoité. Une forte pression s’exerce donc contre le Président Gbagbo, ressemblant à une forme d’ingérence étrangère caractérisée… probablement contestable en Droit International (mais je ne suis pas juriste). Toujours est-il que Laurent Gbagbo et le peuple ivoirien acceptèrent un deuxième tour électoral, sous les regards tendus des Instances Internationales dont on ne saurait dire ce qui se manigance à l’ombre de leurs buildings de verre.

Or, il s’avère que Laurent Gbagbo et son épouse Simone, de même que la plupart des membres de son gouvernement, ainsi que son Chef des armées, sont chrétiens. Leurs déclarations de foi et leur entourage l’attestent, ce qui pour l’Occident déchristianisé jusqu’à l’os est irrecevable ! De même, et d’autant plus, par toutes les Communautés musulmanes du monde regroupées dans l’Oumma. Le Président Laurent Gbagbo, qui n’est pas sans fautes personnelles et politiques, ni reproches justifiables, est cependant un des rares Chefs d’Etat dans le monde judéo-chrétien actuel, à avoir la crainte de Dieu plus que des pressions et opinions internationales… Il est également un des rares Présidents africains à s'opposer à tout système néo-colonialiste relooké et conforté par le gigantesque appareil onusien.

Quant à Alassane Ouattara, sans être un leader du monde islamique, son parti possède néanmoins une large majorité musulmane, soumise comme lui-même aux injonctions, dogmes coraniques et à l’archaïque Charia. Un peu partout dans le monde, par son regain conquérant, un sombre Islam médiéval progresse de diverses façons (violences des attentats, chantage aux pétrodollars, puissance démographique tactique, etc.) bien qu’il soit antithétique à nos valeurs judéo-chrétiennes, fondatrices des Droits de l’homme de 1948), à l’évolution de la modernité socio-économique, à la liberté culturelle et cultuelle, aux sciences et à la technologie. Si la Côte d’Ivoire devait tomber dans le giron de l’Oumma, devenant ainsi son cinquante septième pays en autorité musulmane, d’autres nations africaines (et européennes) tomberaient à leur tour.

Face à de telles conjonctures, que peut-on espérer ? Avec qui la civilisation Occidentale judéo-chrétienne peut-elle encore s’allier ? A l’enchanteur Hussein Obama, musulman de cœur… chrétien de raison… entouré de Conseillers problématiques ? Dans la conjoncture actuelle, il semble bien que les USA n’iront plus secourir qui que ce soit d’obédience judéo-chrétienne… Il ne reste qu’à souhaiter à ce qu’un jour, un nombre croissant de leaders musulmans aient enfin la bravoure de dire «non !» aux diktats des l’Islamistes ? Qu’ils aient le courage de dire non aux dogmes criminogènes et aux fatwas d’Imams et Ayatollahs extrémistes... Qu’ils aient la bravoure de reconsidérer, critiquer et réformer leur religion inadéquate à la modernité…

Se pourrait-il un jour qu’au Moyen-Orient et d’autres pays à majorité musulmane, les pouvoirs politiques se distinguent du pouvoir religieux jusqu’à permettre, par réciprocité, l’édification d’églises catholiques, évangéliques et pourquoi pas… de quelques synagogues ? Avec, en gage de bonne foi, la restauration des édifices religieux qu’ils détruisirent ? Se pourrait-il un jour que la liberté d’être croyant puisse advenir dans les pays les plus fermés de l’islam, de croire ou ne pas croire, de penser par soi-même, d’écouter de la musique, de critiquer et de n’être plus considéré comme apostat pour avoir changé de foi ? Se pourrait-il un jour que sur le plan socioculturel, des femmes puissent ne plus porter la burqa ni le voile et ne plus craindre d’être injuriées, répudiées, fouettées, violées, ou tuées pour crimes d’honneur paranoïaques par des autorités policières promptes à lapider, pendre ou décapiter ; et enfin, de voir d’innombrables enfants musulmans sourire à l’espérance d’un monde meilleur, plus libre en espérance, et sourire à l’avenir de la vie.

La beauté de ce pouvoir d’à-venir passe par le courage de dire certains Non ! Que le Dieu d’Abraham, d’Ismaël, d’Isaac, de Jacob, de Jésus et du bon sens humain nous vienne en aide.


© François Celier,
Pasteur et écrivain pour LibertyVox

 



Le Président Laurent Gbagbo et Mgr Paul-Siméon Ahouanan Djro, Archevêque de Bouaké (source image : http://news.abidjan.net/p/56669.html)

 


Carte ethnique de la Côte d'Ivoire