Réponse aux mensonges de ceux qui parlent d’une "civilisation" islamique
qui aurait tout apporté au monde occidental !

www.pn-vigilance.fr


(Réponse postée en réponse à un commentaire(1) d’un certain El Converty sur le blog de Résistance républicaine)

Qualifier de haineux l’adversaire est toujours un moyen de le déconsidérer avant même de discuter mais malgré tout, face à ce laïus décousu et autiste, que peut-on répondre de construit ?

Quelques points méritent des éclaircissements et des nuances, je ne dis même pas des contre-arguments – encore faudrait-il qu’en face il en soit fait usage, hors des arguments dits « d’autorité » du genre « il ne faut pas » ou « il faudrait ».

Pour commencer, comme je le dis plus haut, la haine n’est pas forcément le moteur de ceux qui critiquent les tendances conquérantes de Islam politique. Dans un passé récent, il y a quelques mois, l’on a pu entendre à la radio M. Moussawi qualifier la journaliste tunisienne anti-islamiste Douaja Eweidni, d’ « islamophobe », ça en dit long sur l’état d’esprit des représentants de l’Islam en France, et du champ lexical on ne peut plus vague de ce mot à la mode, lancé à tort et à travers dès que l’on regrette des attitudes de type « islamiste ».

Monsieur, l’ « islamisme », ou « islam radical », n’est pas forcément synonyme de terrorisme explosif et assassin : vous voyez, je n’accomplis pas d’amalgame (mot d’origine grecque et non arabe comme j’ai pu le lire il y a peu sur un site...) puisque je dis bien que tous les islamistes ne sont pas des tueurs :
ce sont des personnes qui veulent, militent et agissent pour que l’Islam ait en France et en Europe (dans les pays musulmans, ça a débuté dans les années 1960/70 et ça continue, c’est d’ailleurs très avancé), un rôle autre que celui que la tradition culturelle européenne chrétienne a réservé pour la religion.

Quand je dis chrétienne, c’est limitatif puisque dans la Rome ancienne – dans le Bassin méditerranéen de son empire – comme dans la Grèce ancienne, la religion était certes importante mais avait été très tôt distinguée des principes de droit. L’on a pu reprocher à Socrate de ne pas honorer les dieux de la Cité (c’était d’abord un prétexte) mais ce genre de procès d’impiété pas rare il est vrai, n’ont jamais débouché sur des massacres. Très tôt, l’Occident pré-chrétien puis chrétien a distingué le droit civil et le droit canonique, d’un côté le délit et de l’autre le péché, d’un côté la diffamation et l’insulte et de l’autre, le blasphème.

Par contre, en 2010, un lobby islamiste tente de faire reconnaître auprès des Nations-Unies et après, auprès des Etats non musulmans, la notion de crime de « blasphème », oui, pas même un délit mais un crime. Il y a eu certes, dans l’histoire de l’Europe chrétienne, des épisodes peu louables : l’Inquisition bien sûr mais nous parlons du Moyen-Age et du XVIème siècle alors que pour les fatwas qui fusent de toute part, je parle du XXIème siècle. Quant aux Croisades, très souvent reprochées par l’Islam à la Chrétienté, je suppose que vous en comprendrez la logique :
il s’agissait d’une Guerre sainte, dans le but de libérer des lieux saints, et de reconquérir un territoire qui fut durant plusieurs siècles chrétien, jusqu’aux VIIème-VIIIème siècles :
quel musulman n’aurait pas agi de même et surtout aujourd’hui, en 2010, combien de musulmans sont prêts à faire de même ? Pas tous non, mais beaucoup de par le monde. De plus, ne vous en déplaise, à cette époque, dans l’Egypte fatimide des XII et XIIIème siècles, les Coptes (Egyptiens authentiques et chrétiens de religion) représentaient plus de la moitié de la population, certes des dhimmis soumis à l’impôt et aux travaux peu enviables. C’était certes une Guerre sainte mais surtout c’était le XIIème siècle : par contre, ce terme est une constante du monde musulman du XXIème.

Vous dissertez sur les risques de guerre civile en France (et en Europe ?) à propos de l’Islam mal accepté. En effet, il y a des risques d’affrontements et de tensions au vu de ce qui se passe. D’autant, qu’avant de regarder un éventuel futur français, je regarde l’Algérie des années 1990 que j’ai connue – j’en suis partie parce que l’on y égorgeait les étrangers, je pourrais d’ailleurs vous parler de la « xénophobie » – avec ses 200 000 morts sans besoin de l’armée française coloniale, toute seule, comme une grande, parce que des fascistes barbus voulaient imposer l’Islam politique et ils avaient commencé pareil :
interdire les bars, imposer les congés coraniques (Ramadan), imposer le hallal (c’est « drôle » parce qu’à l’époque, le souci c’était de manger de la viande, alors hallal ou pas..., c’était mieux que les oeufs), et puis les prêches et prières dans les rues : il y avait pourtant des places dans les mosquée, non ?

Depuis, les gouvernements de TOUS les pays arabes et musulmans se sont soumis à ces revendications, laissant la population à leur merci (sauf la bourgeoisie qui pas idiote, est restée occidentalisée). Alors, oui monsieur, l’on peut légitimement s’en inquiéter. Mais avant d’égaler la tragédie algéro-algérienne – je le rappelle, 200 000 morts officiellement – il y a une marge d’action.
Alors, quel élément déclencheur est-il le plus à redouter ?
Un « racisme » quasi génétique des Européens qui refusent l’Autre, ou à l’opposé, un Autre qui précisément, refuse de considérer l’histoire du pays où il est arrivé, où il s’est installé et où il a été accueilli quoiqu’on en dise ?
Lorsqu’on entend dans des écoles, des petits musulmans de cinq/six ans dire : « baaaa, les chrétiens sont impurs, ils mangent du porc, baaaaah !! », c’est vraiment signe que l’éducation reçue à la maison est raciste et pas très adaptée au pays où ces parents sont venus vivre.
Et quand bien même, reprocher aux Juifs d’avoir tué le Christ, c’est idiot et surtout dépassé : mais critiquer le cochon au XXIème siècle, en Europe, il faut vraiment être con ! Désolé, mais le cochon est l’animal roi des fermes de France et d’Europe, on lui faisait à l’occasion, cuire ses aliments, on l’appelait « celui qui vit dans la soie », c’est dire le respect que l’on avait et que l’on encore pour cet animal :
« dans le cochon, tout est bon » etc. Alors pourquoi le mépriser sur le sol européen : a-t-on vu un chrétien mépriser le chameau ou le palmier dattier ?
Et pourtant, il y a peu, le gouvernement égyptien – musulman – a, pour des prétextes hygiéniques, fait abattre le cheptel porcin des Coptes, sans bien sûr l’équivalent de la PAC, c’est-à-dire sans indemnisation, et tout cela pour satisfaire une revendication islamiste, lesquels d’ailleurs, au sein des tribunaux, ont condamné les Contes des Mille et une nuit ! Qu’allez-vous leur dire ?
D’autant que ce ne sont pas des fous excités analphabètes mais de respectables magistrats éduqués et lettrés !

Sur le point de la culture rayonnante de l’Islam, l’on nous ressert toujours la même soupe depuis une quarantaine d’années. Après des années de mépris, il est vrai, mais de mépris réciproques, le contexte des années 1960 et de la période post guerres coloniales, dont celle d’Algérie, a vu fleurir des travaux qui, mouvement de balancier oblige, soulignaient les cultures longtemps qualifiées de primitives.

Quant à l’imaginaire de l’Andalousie tolérante et les sciences de l’Islam, il voit le jour à peu près à cette époque.
La démarche était intéressante et tout le monde a eu à gagner de ce regard nouveau sur l’Autre, regard malheureusement accompli, je vous le rappelle, uniquement par l’Occident et non par les mouvements islamistes (dont les Frères musulmans) qui commençaient dans le même temps, dans ces années 1960, à se répandre en pays arabes puis musulmans (Iran).
Une figure comme Claude Lévi-Strauss était un des initiateurs de ce mouvement quelque peu relativiste : il avait écrit dans Race et histoire une célèbre formule : « le barbare est celui qui croit à la barbarie ».

Alors quand vous qualifiez de « barbare » Charles Martel et la civilisation gallo-romano-franque vous me faites l’effet d’un barbare, vous me méprisez comme lorsque l’on dit que les Gaulois étaient barbares et alors, vive la colonisation romaine ou les arabes étaient barbares alors vive la colonisation française !
Dans ces mêmes années, c’est aussi un autre regard sur les Gaulois, le Moyen-Age ou les « primitifs » qui a été porté (par l’Occident) : un regard respectueux et surtout neutre, objectif et empathique.

Voilà, je voulais le préciser, le contexte intellectuel qui a fait germer l’idée d’un Islam à la civilisation raffinée est celui-là. Le problème fut – travers classique dans ce jeu de mouvement – d’exagérer ou du moins de pousser trop loin des pistes pourquoi pas intéressantes a priori mais parfois énormes. Tout devait venir de l’Islam :
les Troubadours, leurs chants et leurs instruments (il y eut même une étymologie arabe, alors que le latin tropus du grec tropos suffisait mais trop évidente peut-être), la médecine, l’astronomie, les mathématiques, la chimie, la philosophie etc.
L’on n’était même plus dans un contexte d’échange mais de don à sens unique, l’Orient civilise l’Occident. Bien sûr, la chose est bien plus nuancée. Depuis, des historiens ont poussé un peu plus le trait de ce schéma consternant pour qui essaie de regarder les données plutôt que de régler ses comptes avec ses pairs, sa famille, son pays, ses ennemis ou encore ses adversaires politiques.

Lorsque l’on voit la passion et la virulence des attaques dont fut la cible l’historien Sylvain Gougenheim pour avoir écrit que l’Occident chrétien n’avait jamais oublié les Grecs et que l’apport arabe fut de moindre importance : il a été qualifié de haineux, de raciste ; d’islamophobe (« islamophobie savante » bien sûr, il est quand même professeur à la Sorbonne). Quel niveau de débat !
Alors que des efforts étaient accomplis pour poser un autre regard sur le Moyen-Age européen, y trouver du raffinement, des intérêts culturels importants ou de l’attrait littéraire, voilà qu’aujourd’hui, il faudrait revenir à cette image d’un Moyen-Age sombre, barbare et obscurantiste. C’est d’une grande stupidité, mais que beaucoup pratiquent pour se flageller soi-même ou pour flageller l’Autre, le méchant Occident.
Maintenant, il reste à aborder quelques- uns de ces points.

Tout d’abord, définir ce que signifie une « science musulmane ». Y a-t-il une science chrétienne ? Au VIIème siècle, avant la mort de Mahomet en 632 et la prise de pouvoir par ses successeurs, tout le Bassin Méditerranéen est chrétien : la rive nord bien sûr, mais aussi la rive sud et les franges orientales : l’Afrique du nord, l’Egypte byzantine, le Levant, l’Anatolie, la Mésopotamie, la Perse.
Le Christianisme s’y était d’ailleurs développé au sein d’un empire déjà constitué, l’Empire romain : ce fut d’abord une conquête des âmes et non une conquête militaire.
Bien des lieux symboliques du christianisme se trouvent en Orient : la ville du Père de l’Eglise saint Augustin, Hippone, dans l’actuelle Algérie, la ville d’un autre Père de l’Eglise Clément d’Alexandrie en Egypte, les lieux saints de Jérusalem, la ville de Nicée où se déroula un fameux concile, en Anatolie, l’actuelle Turquie, des Eglises construites par Chosrès II, roi perse de l’époque chrétienne (aujourd’hui détruites).

Faudrait-il en tant que chrétiens revendiquer tous ces lieux ?
En 2010, des islamistes le font pourtant à propos de l’Andalousie ! Dans ces lieux de l’époque chrétienne, l’héritage grec était non seulement présent mais vivant : on parlait grec en Orient et les ouvrages d’Aristote et de bien d’autres, étaient bien sûr conservés et étudiés.
L’Occident des royaumes germaniques avait pu connaître un recul culturel mais dès le VIIIème la renaissance carolingienne était en marche (et ce malgré la victoire de Poitiers...). Dans la partie orientale de l’Empire romain, laquelle conserva ses structures intellectuelles et politiques, la culture n’était pas non plus perdue.

Lorsque les chevauchées arabes quittent l’Arabie, elles parviennent dans les mondes byzantin et persan, tous deux de religion majoritairement chrétienne (il restait et reste encore aujourd’hui des Zoroastriens avec le culte du feu) :
elles lui doivent tout ce qui est de nature artistique et culturelle. L’architecture, les arts divers, les sciences et les littératures, la médecine des Anciens. Les minarets eux-mêmes diffèrent selon les régions en fonctions des styles architecturaux qui les avaient précédés (tour carrée de style romain en Afrique du nord, à étages dans la Mésopotamie, mosquées à coupole dans le monde byzantin sans parler bien sûr de Sainte-Sophie qui a inspiré la Mosquée bleue et Sultanamet de Constantinople (Istanbul : même ce nom est d’origine grecque : eis tèn polin, « vers la Ville »). Les Arabes sortis d’Arabie ont traduit ces textes – dans un second temps puisque dans un premier, les bibliothèques ont été incendiées, comme la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie ou celle de l’actuelle Ispahan en Perse. C’est cet héritage qui a été conservé et en partie transmis à l’Europe mais en partie seulement :
les contacts avec Byzance ne cessèrent jamais malgré des relations tumultueuses (dont l’issue de la IVème Croisade). Alors, voilà, ce schéma d’un Islam cultivé et à l’origine de toutes les merveilles, et qui transmet à l’Occident barbare est un schéma erroné, faux, partisan et empli de mépris.

Quant à la tolérance d’Andalous, que dire de plus que ces faits : le juif Maïmonide fuit Cordoue car on veut le forcer à la conversion (à l’Islam), Avicenne fuit aussi car ses travaux philosophiques (dont le Tahaful al tahaful, « Contradiction de la contradiction ») déplaît aux autorités religieuses (dont Ibn Gazhali).
Les excursions Almoravides et Almohades, mouvement religieux fondamentalistes, se manifestent d’abord, déjà en Kabylie avant de passer en Espagne, par des sièges de villes et le massacre de tous leurs habitants jugés « impies ».
Et Ibn Khaldun, certes grand géographe et sociologue à sa manière mais qui écrivit aussi des textes sur les hommes de race noire qui n’ont rien à envier au Ku Lux Klan. On a tous nos faits passés dont on n’a pas à être très fiers, même s’il ne sert à rien d’en développer une honte.
Et la science, les mots mathématiques et astronomiques ? « Algèbre » : origine indienne, car le monde musulman a d’abord construit un espace où l’échange était plus facile. Les Indiens bouddhistes n’ont d’ailleurs pas tous un bon souvenir de ces chevauchées musulmanes :
les Bouddhas de Bamyan en 2001 en sont les victimes les plus récentes. Le « zéro » ? Indien, comme les chiffres dits « arabes ». La chimie pas distinguée de l’alchimie : de l’arabe al-kemit, « l’égyptienne », sans commentaire..., et en plus une égyptienne d’origine pharaonique (ancien culte à Horus, assimilé à Hermès, d’où le terme « hermétique », bref, rien de musulman, mais ça n’est pas un reproche).

Et puis après ? Les Grecs d’aujourd’hui – dans la difficulté économique de leur pays – ne se font pas soignés avec les préceptes hippocratiques ou galéniques, leurs armateurs ne naviguent pas avec Ptolémée en main, ils ne se sont pas arrêtés à la géométrie euclidienne ; les Italiens ne construisent plus des aqueducs et n’organisent plus de combats de gladiateurs, ils regardent le monde autrement que Pline pouvait le faire en son temps et en Israël, malgré la loi mosaïque toujours en partie suivie, l’on ne lapide plus les femmes dites « infidèles », certains devraient en prendre de la graine. Alors l’Orient qui enrichit l’Occident depuis toujours, non.
Certes le christianisme a dans ses sources une origine orientale bien établie et pour cause, mais sa philosophe savante, sa théologie, sa représentation du monde, celle aussi des peuples sont beaucoup plus marquées par le platonisme et l’aristotélisme, par les conceptions classiques de la nature (Pline et les autres) et les mythes divers sont pour beaucoup d’origine pré-chrétienne.

Cela n’a pas empêché l’Occident de développer une culture tout aussi intéressante et pour revenir aux sciences, nulle part dans l’histoire des hommes, il n’y eut l’équivalent des XVIIème et XVIIIème siècles européens, faisant passer l’Occident d’une Renaissance fébrile au XIXème siècle positiviste.
Et l’Islam dans tout ça ? Ce n’est pas un reproche.
Le chefs arabes ne s’y trompent d’ailleurs pas : Arafat, Hussein de Jordanie, Hassan II, tous soignés en Occident, ils devaient considérer Avéroes comme un peu dépassé, et que dire des islamistes en djelabas et nikab dans les hôpitaux français, pas confiance au Coran ?

Bref, ce qu’il y a dans le Coran, propos énoncés au VIIème siècle et retranscrits au début du VIIIème siècle, on s’en fout, ça ne concerne de manière spirituelle que les musulmans. En Europe, ils ne vivent pas en terre d’Islam et surtout ils vivent en 2010.
Que le Coran dise ceci ou cela, qu’il soit méchant ou tolérant, plein d’amour ou conquérant, on s’en fout.
En tant que Français, et vous même peut-être aussi, ce qui nous intéresse c’est ce qu’il y a écrit dans le Code civil ou dans le Code de la route.
Voilà ce qui tisse nos liens sociaux et collectifs. En d’autres termes, ce qu’il y a d’écrit dans le Coran, dans la Bible, dans l’Odyssée, dans les Contes de Pérault, dans le Don Quichotte ou dans les Pieds Nickelés n’engage que celui qui y croît, qui y trouve un intérêt spirituel et/ou littéraire ou qui a envie de rire ou de pleurer.

Foutez-nous donc la paix – je dis bien la paix car la guerre est funeste.

Crédit:Hilarian
pour www.ripostelaique.com