Honte sur cette Eglise
qui abandonne ses frères d’Orient
et persécute le Père Samuel en Belgique.

Un article de Mattheus.
www.pn-vigilance.fr


Dans nos temps de relativisme tout-puissant mêlés d'ignorance à-peu-près totale pour les fondements même de nos racines chrétiennes, le mot de «martyr» est en passe de devenir un repoussoir. Et pour cause : si le vocable est de nos jours de plus en plus utilisé, c'est uniquement pour se référer aux actes de destruction aveugle des islamikazes qui, emmitouflés dans les triples ou quadruples épaisseurs de leurs caleçons protecteurs, font exploser leurs engins explosifs dans les foules innocentes en meuglant des «Allah Akbar !» furieux.

Pourtant, l'actualité récente vient nous montrer, de la manière la plus tragique, le vrai visage du martyre. Et celui-là ne porte pas de bandeau vert sur la tête ou de Kalashnikov en bandoulière. Le 31 octobre dernier, un commando d'assassins islamistes a attaqué la cathédrale syriaque catholique de Bagdad. Bilan : une cinquantaine de morts. Parmi eux se trouvaient deux jeunes prêtres qui ont témoigné jusqu'au bout de leur foi. Deux vrais martyrs, au sens premier et étymologique du mot.

En Occident, cette nouvelle, si elle n'est pas passée inaperçue, n'a provoqué que de façon marginale les indignations habituelles et mécaniques de ces pleureuses professionnelles que savent si bien subventionner nos gouvernements laïcs. Nul, pourtant, ou presque, n'ose mettre les mots en face des actes. Nul n'ose se lever, parmi nos élites, pour proclamer haut et fort ce dont nous sommes tous témoins depuis plusieurs décennies : les chrétientés d'Orient sont en passe d'être exterminées sur leur propre sol.

Quand, demain, les terres du Dar-el-Islam seront purgées de toute présence chrétienne, selon le voeu renouvelé de l'«Etat islamique d'Irak» («Nous ouvrirons sur eux les portes de la destruction et des rivières de sang», disait leur dernier communiqué), il se trouvera sans doute des pseudo-Candides pour s'étonner d'un tel état de fait. «Comment est-ce arrivé ?» ; «Comment aurions-nous pu savoir ?» demanderont-ils.

C'est bien simple : il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Tout est évident pour qui veut regarder la réalité en face et entendre le grondement de l'orage qui s'approche chaque jour un peu plus. Mais nos Candides ont des oreilles, et ne veulent pas entendre. Il leur aurait pourtant suffi d'écouter les paroles d'un homme comme le Père Samuel qui, lui aussi, à sa manière, est un témoin ; qui, lui aussi, parmi quelques autres, est la voix de celui qui crie dans le désert de nos modernités aveugles.

Le Père Samuel est né dans ce qui est aujourd'hui la Turquie, c'est-à-dire, originellement cette terre d'Asie Mineure, carrefour des civilisations, qui a porté certains des plus grands Pères de l'Eglise. Sa langue maternelle est l'araméen (celle que pratiquait un certain Ieschoua de Galilée), et il a été ordonné, en 1967, prêtre de l'Eglise Syriaque Catholique.

Mais il y a un problème. Le Père Samuel qui, après avoir exercé son sacerdoce au Liban, est venu s'établir en Belgique (il en a la nationalité), ne correspond pas à l'étroitesse conceptuelle que la modernité concède à l'image du prêtre. Il est à la fois oriental et catholique. Il porte la longue barbe des patriarches et arbore en permanence un large crucifix. Prêtre, il est aussi chorévêque (une ancienne dignité ecclésiastique encore en vigueur en Orient), et a droit à la croix pectorale et au titre de «Monseigneur». Mieux : il ouvre la porte de son église à tous et, plutôt que de ratiociner sur l'amour de l'Humanité lointaine, il accueille son prochain dans des oeuvres de charité concrète.

Mais surtout, il dérange. Il dérange car, précisément, il est cette voix qui retentit dans le désert. Une voix intègre et droite qui ne sacrifie rien aux trémolos hypocrites des apparences contemporaines. Il prêche la Bonne Nouvelle, mais pas à la guitare de Woodstock ou au ukulélé de Katmandou. Il est prêtre de cet Orient fondateur et berceau de la Chrétienté, et puisqu'il pense, comme Saint Athanase, que «Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu», il n'a pas honte de le proclamer, ni même de le penser. Il ne cherche pas le faux oecuménisme de «l'esprit d'Assise». Pire encore, il commet le péché ultime contre l'esprit moderne, en osant dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, au sujet de l'islam.

Pour tout cela, il dérange. Pour tout cela, il doit faire face, depuis des années, à nombre de tracasseries, des plus vénielles aux plus sérieusement judiciaires. Il faut qu'il tombe.

En 2008, prenant prétexte de ses déclarations politiquement incorrectes sur la religion mahométane, une association de censeurs anti-racistes l'a assigné en justice. Il avait osé dire, rendez-vous compte : “Si les Européens savaient ce qu’est réellement l’islam tel qu’il est prôné dans le Coran et dans les textes fondateurs, ils n’admettraient pas que des islamistes viennent s’établir un peu partout sur le Vieux Continent”. Clairement, il avait osé remettre en cause le dogme sacro-saint du néo-marxisme post-colonial et tiers-mondiste, pour qui l'islam est la religion des pauvres, et les pauvres les créanciers de plein droit des nations occidentales.

Il fut acquitté rapidement, la justice belge, pourtant aussi tâtillonne que la justice française, n'ayant pas pu trouver un motif de condamnation. Le mois suivant, après avoir reçu des menaces de mort, il fut placé sous protection policière. Au même moment, à l'occasion du mois de ramadan de la même année, l'évêque de Tournai, qui allait bientôt enfiler, on va le voir, la défroque peu flatteuse d'un Cauchon des temps modernes, saluait cordialement les musulmans, «descendants d'Abraham », par une profession de foi aussi outrageusement sucrée qu'un loukoum bien garni : «Nous vivons dans une société multiculturelle, multireligieuse, multiconvictionnelle, et nous croyons que cela peut être une richesse pour tous».

Comment s'étonner, Mgr Harpigny (car c'est de vous, Monseigneur, qu'il s'agit), que vos ouailles délaissent votre église, si vous parlez comme une nonne formatée de couvent socialiste ? On préfère toujours l'original à la copie, et votre copie est grotesque, jusque dans la pénible platitude de sa formulation... Toutefois, le monde francophone vous remercie pour votre néologisme : j'imagine que «multiconvictionnel» sera du dernier chic dans les conversations de Saint-Germain-des-Prés...

Le Père Samuel dit la vérité sur l'islam, or, on a décidé, plus haut, et y compris dans l'Eglise, que l'islam devait être intouchable. Pour les socialistes, on l'a dit, c'est la religion des pauvres, des persécutés, des opprimés. Il faut évidemment être un intellectuel de gauche pour opérer un tel renversement des choses, quand toute la réalité de l'Orient est aujourd'hui la chasse aux Chrétiens. Mais ce sont les mêmes qui, naguère, s'enthousiasmaient pour la prise de Pnom Penh par Pol-Pot, le Grand Bond en Avant maoïste ou, à peine plus tôt, le génie du Petit Père des Peuples... Après tout, Khomeiny lui-même avait préparé sa révolution dans son refuge français, et nos intellectuels frétillaient d'aise lors du renversement du Shah.

Pour une certaine hiérarchie du Père Samuel, dont l'inévitable Mgr Harpigny fait partie, l'islam, c'est aussi une religion-soeur, une religion-parallèle. Une religion «du Livre», selon cette expression éculée dont le ridicule me stupéfiera toujours. Peu importe que la théologie de l'islam soit en tous points opposée à celle du Christianisme au point d'en paraître la caricature grotesque. Peu importe que l'islam nie la divinité du Christ et sa mort sur la croix. Peu importe qu'il nie la résurrection et la Trinité... Pour certains catholiques, Mahomet est à traiter avec autant d'égards que Moïse et Jésus.

Puisque le Père Samuel, dont la famille a eu à subir les persécutions islamiques, n'a pas ces égards, on le lui fera payer...

Ainsi, dans une lettre toute récente remise par huissier d'Etat, l'évêque de Tournai, Mgr Harpigny, interdit purement et simplement au Père Samuel de célébrer ses offices. Loin du ton de guimauve conciliant qu'il adoptait à l'égard des musulmans à l'occasion du ramadan, ce prélat occidental orientalisant commande instamment au Père Samuel, prêtre oriental, aux fidèles occidentaux, de «s'abstenir de […] fournir une quelconque aide spirituelle ou matérielle» à ses ouailles de rite latin (l'immense majorité des fidèles qui fréquentent son église).

De manière très claire, l'évêque de Beauvais, pardon, de Tournai... entend punir le Père Samuel en le reléguant au seul rite syriaque au profit des seuls chrétiens syriaques présents sur son diocèse... La décision est inique. Elle transpire la jalousie, jalousie de voir le succès d'un prêtre n'ayant rien renié de la doctrine chrétienne, là où les modernistes et autres relativistes n'ont plus que l'écho de leurs nefs désertes pour répéter encore et encore leurs fadaises sur la «société multiculturelle, multireligieuse, multiconvictionnelle». Elle transpire aussi le mépris, mépris pour ce petit prêtre d'Orient, avec son accent levantin et son crucifix au poing, tellement peu présentable selon les canons de l'esthétique politiquement correcte.

Mais finalement, cette décision, de par son excès grotesque, transpire la peur, la peur d'affronter le réel dont la trame, petit à petit, est contaminée par l'islam. Mgr Harpigny a peur du succès que pourrait rencontrer la parole toute simple et toute droite du Père Samuel, non seulement sur les sujets de société, comme on dit, mais surtout sur la vérité de l'islam, véritable cheval de Troie d'un totalitarisme ancien et oublié, mais qui revient en force aujourd'hui.

Les Chrétientés d'Orient, tout comme Israël (que le Père Samuel ne manque pas une occasion de soutenir dans sa lutte contre l'hégémonie arabo-musulmane), sont le rempart avancé contre la barbarie mahométane. Mais le rempart est abandonné par l'arrière, c'est-à-dire par l'Occident lui-même. Le temps des Croisades est bien loin... Et les Chrétiens syriaques, maronites ou coptes, sont laissés aux mains des égorgeurs, ou discrètement priés de fuir pour ne pas compromettre le nouveau Munich planétaire dont nous sommes les acteurs et les coupables réjouis.

L'an dernier, à Rome, alors qu'il rendait visite au Patriarche Ignace Youssef III, son supérieur hiérarchique qui venait d'être nommé par le Pape, le Père Samuel a eu l'occasion de rencontrer deux jeunes prêtres irakiens, deux hommes affables et souriants qui ont là-bas la rude tâche de porter un secours spirituel et matériel à leurs fidèles démunis et persécutés par l'Hydre verte. Ces deux prêtres ont été assassinés le 31 octobre dernier, avec cinquante des leurs.

Mgr Harpigny, j'en suis sûr, aime sans doute à fréquenter les imams et oulémas de son évêché, avec lesquels il doit passer des heures à discuter de l'«islam des Lumières» et autres billevesées. On trouve le Père Samuel, lui, témoin parmi les témoins, aux côtés des martyrs assassinés par ceux qu'il s'époumone à dénoncer à nos oreilles assourdies...

© Mattheus pour LibertyVox


Ci-dessous, la scandaleuse et ubuesque lettre de "Monseigneur" Harpigny, portée par huissier, au Père Samuel

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